Née le 2 avril 1961 à Metet, dans le département du Nyong et So’o, originaire d’Evindi Si (Sangmelima), Anne Bella Nkoto n’a pas seulement épousé le métier des armes : elle l’a marqué de son empreinte.
Sportive accomplie, grande handballeuse au lycée, elle choisit très tôt la rigueur plutôt que la facilité. « C’est surtout la discipline qui règne dans l’armée qui m’a le plus intéressée », confiera-t-elle plus tard. En 1990, armée d’une licence en droit public, elle intègre l’École militaire interarmes (EMIA) de Yaoundé, promotion « Ouverture et Démocratie ». Elle en sort avec le grade de lieutenant, déterminée à tracer sa voie dans un univers encore largement masculin.
le savoir et la compétence qu’elle s’impose.
Titulaire d’un master en stratégie, sécurité, défense et gestion des conflits et des catastrophes, doctorante dans le même champ, elle devient en 2009 la première femme en Afrique centrale diplômée de l’École supérieure internationale de guerre de Simbock. Son parcours est jalonné de distinctions prestigieuses : brevet de parachutiste, diplôme de l’École d’application de gendarmerie de Yaoundé, diplôme du cours international de Melun en France, référence mondiale en matière de gendarmerie, et diplôme d’état-major de l’École de guerre.
Une carrière bâtie sur la rigueur
Chef de bureau du personnel et de la chancellerie à la légion du Nord-Ouest à Bamenda, chef des stages au Secrétariat d’État à la Défense, chef du bureau de la coopération au Ministère de la Défense, commandant de compagnie à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen pendant près de neuf ans. Le colonel Anne Bella Nkoto gravit chaque échelon avec constance.
Elle sera ensuite chargée d’études au bureau des essences des armées et de la gendarmerie, adjoint au commandant au Centre opérationnel interarmées, puis directeur adjoint du budget et des équipements au Ministère de la Défense entre 2012 et 2015.
En 2015, l’histoire s’écrit : elle devient la première femme commandant de légion de gendarmerie au Cameroun, à la tête de la Légion du Sud. Un symbole fort dans un contexte où la responsabilisation des femmes dans les forces armées reste un chantier stratégique.
Le 23 mai 2018, elle est nommée assesseur près les chambres militaires de la Cour d’appel du Centre, consolidant son autorité dans le champ judiciaire militaire.
Une pionnière consciente de sa mission
Taille moyenne, teint clair, allure imposante, présence qui inspire respect et admiration, Anne Bella Nkoto ne considère pas son statut de femme comme un obstacle, mais comme une force.
« À travers ma nomination, la Nation a reconnu que les femmes ont des capacités. Le temps du doute et des hésitations est passé. Les portes sont ouvertes. À nous de saisir la balle au bond. »
Son message résonne comme un appel à l’audace et à l’engagement. Elle sait que les pionniers ne marchent jamais seuls : ils ouvrent des routes.
À l’heure où le Cameroun célèbre la Journée internationale des droits des femmes, son parcours rappelle que l’excellence n’a pas de genre, que le courage se conjugue au féminin, et que la discipline peut devenir un instrument d’élévation collective.
Dans les casernes comme dans la Nation, le colonel Anne Bella Nkoto aura prouvé qu’une femme peut non seulement porter le képi… mais commander sous ses étoiles.

