Le général Philippe Mpay est décédé ce jour à l’hôpital militaire de Yaoundé. Avec sa disparition, s’éteint une figure de l’armée camerounaise dont le parcours épouse plusieurs étapes importantes de l’histoire institutionnelle et militaire du pays.
Né en 1939 à Nguibassal, dans le département du Nyong-et-Kéllé, il appartient à cette génération d’officiers camerounais formés dans les grandes écoles militaires françaises au lendemain des indépendances. À une époque où se construisait progressivement l’ossature des hautes carrières militaires nationales.
Très tôt, son itinéraire le conduit vers les grandes écoles de formation militaire. En 1962, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, avant de poursuivre sa formation à l’École de guerre de Paris puis à l’École d’application de l’infanterie de Saint-Maixent. Un parcours structurant, qui inscrit sa trajectoire dans la lignée des officiers appelés aux responsabilités de commandement supérieur.
De retour au Cameroun, il rejoint l’armée de terre et s’inscrit dans une progression régulière au sein de l’institution militaire. Sa carrière évolue dans la continuité, au rythme des affectations et des responsabilités. En 1993, il est promu général de brigade, puis élevé au rang de général de division le 25 septembre 2001.
Cette même année marque une nouvelle étape. Il est nommé commandant des écoles et centres d’instruction militaire. À ce poste, il s’inscrit dans une mission essentielle mais discrète : la formation des cadres de l’armée camerounaise. Dans cet espace d’encadrement, il participe à la transmission des savoirs, des méthodes et de l’esprit militaire aux nouvelles générations d’officiers et de sous-officiers.
Son parcours traverse ainsi plusieurs séquences de l’histoire militaire du Cameroun, depuis les premières générations post-indépendance jusqu’aux transformations institutionnelles du début du XXIᵉ siècle. Il incarne une continuité faite de service, de rigueur et de stabilité dans le commandement.
À travers ses différentes fonctions, Philippe Mpay laisse apparaître une certaine idée du service militaire, fondée sur la discipline, la rigueur et la constance. Une manière d’être officier où la fonction s’inscrit dans la durée, et où la transmission occupe une place centrale.
Son nom reste également associé à une séquence particulière de l’histoire sécuritaire du Cameroun. Au début des années 2000, dans un contexte marqué par la montée du grand banditisme à Douala, il est associé à la mise en place du Commandement opérationnel, une opération sécuritaire qui avait marqué les esprits et occupé une place importante dans l’actualité nationale de l’époque.
Avec sa disparition, c’est une figure de continuité qui s’efface dans la mémoire militaire camerounaise. Le général Philippe Mpay laisse le souvenir d’un officier discret dans l’expression publique, mais durablement inscrit dans la construction et la transmission de l’institution militaire, ainsi que dans une période marquante de l’histoire sécuritaire du pays.


Belle plume.beaucoup de courage mon cher
Merci infiniment cher frère