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mardi, mai 19, 2026

2ᵉ Bataillon de construction : l’histoire méconnue des soldats noirs canadiens

Longtemps exclus des rangs de l’armée pour des raisons racistes, plus de 600 Canadiens noirs ont pourtant joué un rôle déterminant durant la Première Guerre mondiale au sein du 2ᵉ Bataillon de construction. Leur engagement militaire fut aussi un combat pour la reconnaissance, la dignité et le droit de servir leur pays.

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Blaise Ngagning Kiam
Blaise Ngagning Kiamhttps://leclaironcm.com
  Blaise Ngagning Kiam, né à Ngaoundal, est journaliste diplômé en métiers du journalisme et de la presse (Université de Lille, France). Depuis 2021, il est actif dans la presse numérique au Cameroun et fondateur du journal Le Clairon, qui valorise la bravoure des militaires et les parcours élogieux des citoyens.

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, un hommage s’impose aux hommes du 2ᵉ Bataillon de construction, une unité unique de l’armée canadienne composée majoritairement de soldats noirs durant la Première Guerre mondiale. Leur engagement ne fut pas seulement militaire : il fut aussi une lutte pour le droit fondamental de servir.

Au début du conflit, de nombreux volontaires noirs se présentent pour s’enrôler dans l’armée canadienne. Ils sont cependant rejetés, non pour manque de compétence ou de condition physique, mais en raison de préjugés raciaux profondément enracinés. Face à cette exclusion, les communautés noires du Canada s’organisent, interpellent les autorités et revendiquent leur droit à contribuer à l’effort national.

En 1916, cette pression collective aboutit à la création du 2ᵉ Bataillon de construction, une unité de travail composée de soldats noirs. Plus de 600 hommes issus de diverses régions du Canada répondent alors à l’appel. Bien qu’ils ne soient pas envoyés au front, leurs missions sont essentielles à la réussite des opérations militaires.

Ils participent notamment à la construction et au démantèlement de voies ferrées au Nouveau-Brunswick, facilitant le transport des ressources stratégiques. En France, leur soutien au Corps forestier canadien permet l’exploitation du bois destiné à la construction de tranchées, de routes et d’infrastructures indispensables à l’effort de guerre allié.

À leur retour au pays, ces vétérans font face à une dure réalité. Malgré leur engagement, beaucoup retrouvent les mêmes discriminations qu’avant la guerre. Leur contribution reste largement ignorée et absente des récits officiels pendant de nombreuses décennies.

Ce n’est que récemment que leur rôle commence à être pleinement reconnu. Des plaques commémoratives installées à travers le pays, notamment à Pictou en Nouvelle-Écosse, rendent aujourd’hui hommage à ces soldats longtemps oubliés.

L’histoire du 2ᵉ Bataillon de construction rappelle que le courage dépasse le champ de bataille. Il réside aussi dans la détermination à se battre pour l’égalité, la reconnaissance et la place légitime dans la mémoire nationale.

Auteur/autrice

  • Blaise Ngagning Kiam

      Blaise Ngagning Kiam, né à Ngaoundal, est journaliste diplômé en métiers du journalisme et de la presse (Université de Lille, France). Depuis 2021, il est actif dans la presse numérique au Cameroun et fondateur du journal Le Clairon, qui valorise la bravoure des militaires et les parcours élogieux des citoyens.

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