« Non à la guerre ! » La réponse de Pedro Sánchez est directe et sans ambiguïté. Le Premier ministre espagnol a publiquement rejeté les critiques de Donald Trump, qui reproche à l’Espagne son refus d’autoriser l’utilisation des bases américaines de Rota et de Morón, situées en Andalousie, dans le cadre des opérations contre l’Iran. Pour Madrid, il n’est pas question de s’engager dans une escalade militaire dont les objectifs, selon le chef du gouvernement, demeurent flous et incertains.
Pedro Sánchez a estimé que participer à une telle action reviendrait à se rendre « complice de quelque chose qui est mauvais pour le monde » et contraire aux valeurs et aux intérêts de l’Espagne. Il a souligné que cette position n’était pas isolée, mais partagée par de nombreux gouvernements et par des millions de citoyens en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, qui redoutent une extension du conflit et ses conséquences sur la stabilité internationale.
La tension est montée d’un cran après que Donald Trump a menacé de « cesser tout commerce avec l’Espagne », qualifiant Madrid de partenaire « très peu coopératif ». Cette mise en garde intervient également dans un contexte de désaccord sur les dépenses militaires au sein de l’OTAN, Washington poussant ses alliés à porter leurs budgets de défense à 5 % du PIB, un objectif que l’Espagne n’a pas adopté. Au-delà de la question militaire, c’est donc un rapport de force économique et stratégique qui se dessine entre les deux capitales.
Face à ces menaces, l’Union européenne s’est dite prête à défendre les intérêts de ses États membres. La Commission européenne a rappelé que la politique commerciale relève d’une compétence commune, laissant entendre qu’éventuelles représailles contre l’Espagne concerneraient l’ensemble du bloc européen. Ce soutien renforce la posture de Madrid et souligne la volonté de Bruxelles de préserver l’unité face aux pressions extérieures.
En appelant à la cessation des hostilités et à une résolution diplomatique du conflit, Pedro Sánchez affirme une ligne politique fondée sur la prudence et le multilatéralisme. Dans un climat international marqué par les démonstrations de force et les menaces croisées, l’Espagne revendique le choix du dialogue plutôt que celui de l’alignement automatique. Une position qui pourrait redéfinir les équilibres au sein des alliances occidentales et raviver le débat sur l’autonomie stratégique européenne.

