L’histoire de la police moderne au Cameroun remonte à 1925, date à laquelle un arrêté du Haut-Commissaire du Cameroun institue les premiers services de police avec la création du commissariat de Douala. Cette décision marque le début de l’organisation officielle des forces de sécurité sur le territoire.
Le 1er juin 1946, le Haut-Commissariat de la République française signe un arrêté portant réorganisation de la Sûreté nationale dans les territoires du Cameroun. Quelques mois plus tard, le 31 août 1946, un autre texte transforme le corps de la police indigène en corps de gardiens de la paix et de la sécurité publique. Ce dernier acte constitue l’acte fondateur de la police camerounaise en uniforme.
En 1947, une nouvelle étape importante est franchie avec la création de la Direction de la Sûreté, accompagnée de la mise en place d’un service spécialisé destiné à renforcer les missions de sécurité et de renseignement.
Avant 1959, la police camerounaise reste divisée en deux entités distinctes correspondant aux réalités administratives héritées de la colonisation. D’un côté, la West Cameroon Police Force, dont le quartier général se trouve à Buea et qui fonctionne selon le modèle britannique. De l’autre, la police du Cameroun oriental basée à Yaoundé et inspirée du système français.
La fusion de ces deux structures intervient sous l’impulsion de Jean Marie Evina Edjo’o, alors nommé Directeur de la Sécurité. Cette réunification des forces de police intervient même avant le Référendum du 11 février 1961, événement qui scellera la réunification du Cameroun. Entre 1959 et 1969, une période transitoire s’installe durant laquelle les polices des deux États fédérés sont dirigées par le Premier ministre ou le ministre de l’Intérieur.
Le 3 mai 1969, un décret présidentiel marque un tournant majeur avec la création officielle de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, qui réorganise les forces de police du pays. Le premier chef de corps nommé à la tête de cette institution est Paul Pondi. À cette époque, deux branches distinctes existent : une police en tenue chargée du maintien de l’ordre et une police en civil œuvrant dans les domaines de la police judiciaire et du renseignement. Ces deux branches seront finalement fusionnées en 1979, afin d’améliorer la coordination et l’efficacité des services de police.
Entre 1984 et 1989, puis 1991 et 1996, la structure est transformée en Secrétariat d’État à la Sécurité intérieure, dirigé respectivement par Denis Ekani et Jean Fochivé.
La configuration actuelle de l’institution est consacrée par le décret n°96/034 du 1er mars 1996, signé par le Président de la République Paul Biya, qui rétablit la dénomination de Délégation Générale à la Sûreté Nationale.
Depuis le 30 août 2010, l’institution est dirigée par Martin Mbarga Nguele, qui effectue ainsi son deuxième passage à la tête de la police camerounaise après un premier mandat entre 1983 et 1984.
Malgré les multiples réformes administratives et organisationnelles, les missions fondamentales de la police camerounaise sont restées inchangées : protéger les institutions de la République, garantir la sécurité des personnes et de leurs biens et contribuer au maintien de l’ordre public sur l’ensemble du territoirenational.

