Né en 1960, Bekale Assé Magloire était le premier fils d’une grande fratrie, issu d’une famille structurée et respectée. Son père, Monsieur Assé François Remy, était directeur d’une école publique. Tout semblait le destiner à une carrière intellectuelle stable. Pourtant, contre toute attente, le jeune Bekale choisit le métier des armes.
Titulaire du BEPC, il réussit brillamment le concours de la gendarmerie en 1981. Élève sérieux, discipliné et engagé, il effectue une formation d’un an au terme de laquelle il sort vice–major. Une distinction qui lui vaut d’être détaché à la Garde républicaine, une unité prestigieuse et sensible.
La nuit où tout bascule
Au début de l’année 1984, Bekale Assé Magloire loue une chambre à Obili, non loin du camp de la Garde républicaine. Le vendredi 6 avril 1984, il passe la soirée avec son beau-frère, le mari de sa petite sœur. Rien ne laisse présager le drame.Soudain, une alarme retentit.
Selon les témoignages familiaux, Bekale se lève aussitôt. Calme mais pressé, il déclare à son beau-frère :
« On nous a appris que dès que ce son résonne, il faut rejoindre immédiatement le camp et son unité. »
Il s’habille en urgence, ajustant sa tenue tout au long du trajet, jusqu’à finir de chausser ses rangers en chemin. Il est pressé, animé par le sens du devoir. Ce sera la dernière fois que ses proches le verront vivant.
Une annonce sans preuve
Trois jours plus tard, un oncle maternel de Bekale apporte une terrible nouvelle à la famille : le camion dans lequel se trouvait le jeune gendarme serait tombé dans une embuscade, et Bekale aurait été tué. Mais une question hante immédiatement les siens : où est son corps ?
Une disparition sans trace
Commence alors un long et douloureux parcours. La famille sillonne les morgues, interroge les casernes, frappe aux portes de l’administration. Le père, directeur d’école, rencontre des hauts gradés, multiplie les démarches. En vain.
Des photos de Bekale Assé Magloire sont affichées dans plusieurs brigades de gendarmerie à travers le Cameroun. Aucun retour. Aucun indice. Aucun corps. Au fil des mois, puis des années, l’espoir s’amenuise sans jamais disparaître totalement.
Le renoncement d’un père
Épuisé par des recherches infructueuses, Monsieur Assé, le père de Bekale, finit par abandonner les démarches. Non par résignation totale, mais avec cette pensée silencieuse qui ne le quittera jamais : « Peut-être qu’un jour, il reviendra. »
Bekale devait pourtant partir en stage en Israël en mai 1984, un mois seulement après sa disparition. Il avait 24 ans et un avenir prometteur. Il ne reviendra jamais. Ni de l’étranger, ni du silence de l’histoire. Le père mourra sans avoir revu son fils, sans sépulture où se recueillir.
Exister autrement
Aujourd’hui, plus de quarante ans après, Bekale Assé Magloire n’existe plus que dans la mémoire. Ses photos, son nom, son prénom, que ses frères transmettent à leurs enfants pour qu’il continue de vivre, au moins ainsi.
Sa famille continue de le pleurer, sans haine déclarée, mais avec une blessure ouverte : celle de l’absence de vérité.
Le Clairon,
La voix de ceux qu’on oublie, la lumière de ceux qui veillent.


C’était mon père par alliance mais je n’ai jamais connue cette histoire merci de me l’avoir fait connaître
Davidi Evee, je vous en prie.
Bonjour Christine, j’ espère que vous allez bien. Vous avez dit que Mr bekale était votre père par alliance. Ça veut dire que votre mère était sa femme ? Si c’ est le cas vous avez peut être certaine information qui peuvent meublé notre papier. Merci