Il était une fois un homme né dans une localité discrète du Littoral camerounais, loin des centres de pouvoir, loin des grandes décisions de la République.
Ce 4 mai 2026, Alexis Dipanda Mouelle s’est éteint, laissant derrière lui une empreinte profonde dans l’histoire judiciaire du Cameroun.
Mais avant les hommages, avant les débats, il y a eu un parcours.
Il grandit avec le Cameroun indépendant. Un pays jeune, en construction, où la justice cherche encore sa forme, ses repères, sa voix.
Très tôt, il choisit le droit. Non comme un simple métier, mais comme une voie d’engagement.
En 1965, il entre dans la magistrature. Commence alors une ascension silencieuse, faite de rigueur, de constance et de responsabilités successives.
De juge à Yaoundé à président de tribunal, puis haut responsable au ministère de la Justice, il traverse les institutions sans bruit mais avec continuité.
En 1986, il accède à la Cour suprême du Cameroun en tant que Procureur général. Quatre ans plus tard, il en devient le Premier président. Il restera à ce poste pendant 24 ans.
1992
Un pays sous tension. Une élection présidentielle contestée oppose Paul Biya à Ni John Fru Ndi. Dans ce moment historique, une décision judiciaire marque durablement la mémoire collective : la validation des résultats électoraux.
Un acte qui fera de lui une figure centrale admirée par certains, critiquée par d’autres. Mais réduire Dipanda Mouelle à un seul épisode serait incomplet.
Il fut aussi un juriste engagé sur la scène internationale, notamment dans les travaux des Nations unies contre la torture, et l’auteur d’un ouvrage dénonçant cette pratique.
L’ homme au croisement du droit, de l’État et des réalités du pouvoir s’est éteint ce 4 mai 2026. Mais son histoire ne se referme pas. Elle continue de poser une question essentielle : Comment juger les hommes qui ont jugé la nation?
Il était une fois un homme… dont l’histoire dépasse sa propre vie.

