Le 3 août 2026, deux décrets présidentiels viennent bouleverser le quotidien du colonel NCHANKOU MBOUOMBOUO NJINDAM OUMAR. Le premier l’élève au grade de Général de Brigade. Le second le nomme commandant de la 11ᵉ Brigade d’Infanterie Motorisée, à Ebolowa, dans la région du Sud. Quelques heures auparavant, il était encore sous-chef opérations à l’État-major des Armées.
Pour ceux qui découvrent son nom à la faveur de cette promotion, l’ascension peut sembler fulgurante. Mais derrière ces deux étoiles se cache un parcours commencé près de trois décennies plus tôt.
Né le 6 septembre 1975 à Foumbot, dans le département du NOUN, OUMAR NCHANKOU MBOUOMBOUO NJINDAM est issu de la grande famille NJINDAM. Il est également le fils du regretté Colonel NCHANKOU. À 50 ans, à quelques semaines de son 51ᵉ anniversaire, il accède ainsi au généralat au terme d’un parcours marqué par une solide formation, de nombreuses responsabilités de commandement et une importante expérience opérationnelle.
Avant les étoiles, il y a eu les études et la formation. Bachelier C, titulaire d’un DEUG en mathématiques, puis formé en stratégie et défense, le jeune officier rejoint la prestigieuse École spéciale militaire de SAINT-CYR, en FRANCE. Il appartient à la 183ᵉ promotion, baptisée « GÉNÉRAL LALANDE », entrée en formation en 1996 et sortie en 1999.
Cette promotion comptait cinq Camerounais : le futur Général NCHANKOU MBOUOMBOUO NJINDAM, les Colonels Banlock Fidèle Roger, Ndigo Ma Ndigo Nzie Adolphe Bertrand, Kaole Aleokol Raymond Serge et Zock à Anong Ahmed. Trois ont poursuivi leur carrière dans l’Armée de terre, tandis que les Colonels KAOLE ALEOKOL et Zock À Anong ont fait carrière dans la Gendarmerie nationale.
Près de trente ans plus tard, les trajectoires de ces cinq officiers racontent à leur manière une génération d’hommes formés au commandement et au service de la République.
Pour NCHANKOU, Saint-Cyr ne sera toutefois qu’une étape. Il poursuivra sa formation militaire, notamment à l’École supérieure internationale de guerre de Yaoundé. Mais c’est sur le terrain que son nom va véritablement se construire.
Le futur général va multiplier les responsabilités : instructeur, commandant d’unité, directeur de l’instruction, commandant de compagnie, chef d’état-major, puis responsable au sein des forces engagées sur différents théâtres d’opérations.
Mais c’est surtout au sein du Bataillon d’intervention rapide (BIR) que son parcours opérationnel va s’illustrer.
Dans l’Extrême-Nord, face à Boko Haram, il est engagé dans des opérations particulièrement difficiles. En 2015, alors qu’il commande sur le front, il est blessé au genou au cours de violents combats à NGNEM NGNEM, à quelques kilomètres de WAZA.

L’affrontement dure plusieurs heures. Le futur général racontera plus tard que les combats étaient « pratiquement du corps à corps ».
Il reçoit par la suite la Médaille de la Vaillance ainsi que la Croix de la Valeur militaire, récompensant son engagement en service commandé.
Cet épisode résume une dimension essentielle de son parcours : NCHANKOU n’a pas seulement appris la guerre dans les salles de cours. Il l’a vécue sur le terrain, au milieu de ses hommes, avec les risques qui accompagnent les missions opérationnelles.
C’est peut-être là que réside la particularité du Général NCHANKOU. Il y a ceux qui parlent beaucoup de leur carrière. Ceux qui travaillent et parlent également beaucoup de leur travail. Et puis il y a ceux qui travaillent en silence. NCHANKOU appartient à cette dernière catégorie.

Ses chefs observaient. Ses hommes connaissaient son engagement. Ses états de service s’accumulaient.
De la Brigade du Quartier général au CIFAN à Ngaoundéré, des responsabilités au BIR aux commandements opérationnels, jusqu’au poste de sous-chef opérations à l’État-major des Armées, chaque étape ajoutait une pierre à l’édifice.
La République n’a donc pas découvert un homme le 3 août 2026. Elle a simplement placé deux étoiles sur les épaules d’un officier dont le travail était déjà connu de ceux qui suivaient son parcours.
La nouvelle mission qui l’attend est désormais d’une autre nature. À la tête de la 11ᵉ Brigade d’Infanterie Motorisée, à Ebolowa, le Général NCHANKOU devra mettre son expérience au service du commandement d’une grande unité.
Il succède au Général ASSOUALAI BLAMA appelé à prendre le commandement de l’École supérieure internationale de guerre.
Pour le nouveau général, cette nomination constitue donc moins une récompense qu’une nouvelle exigence.
Commander, c’est décider. C’est préparer les hommes. C’est maintenir la discipline. C’est anticiper. Et surtout, c’est porter la responsabilité de ceux qui vous sont confiés.
Son expérience du terrain pourrait être précieuse dans cette nouvelle fonction.
Originaire de Foumbot et profondément attaché à ses racines, le Général Nchankou devient aujourd’hui une figure dont le parcours peut inspirer une génération.
Son histoire rappelle surtout une vérité simple : la reconnaissance peut parfois arriver tard, mais le travail accompli dans l’ombre ne disparaît jamais.
Il y a quelques mois encore, beaucoup ne connaissaient pas son nom. Aujourd’hui, deux étoiles attirent les regards.
Mais derrière ces étoiles, il y a Saint-Cyr, des années de formation, des opérations, une blessure, des hommes commandés, des missions accomplies et près de trente années de service.
Le Général NCHANKOU commence désormais une nouvelle page de son histoire. Ce ne sont donc pas les étoiles qui ont fait le Général. C’est le parcours qui les a finalement conduites jusqu’à lui.

