Née le 30 avril 1981, NAAMI YANG FLORE CHRYSTELLE est issue du peuple Mambila de l’Adamaoua, l’un des peuples de la plaine, également appelés Mandjara. Après son baccalauréat, elle poursuit ses études universitaires avant de réussir le concours d’entrée à l’École militaire interarmées.
En septembre 2004, elle rejoint l’EMIA. Trois ans plus tard, elle en sort major de la 31e promotion, baptisée « PAIX ET MODERNITÉ ». Une distinction qui annonce déjà une carrière placée sous le signe de l’exigence.

Le triomphe de cette promotion intervient finalement le 4 décembre 2009, avec la 32e promotion, le calendrier particulièrement chargé du président de la République n’ayant pas permis la tenue de la cérémonie à la période initialement prévue. C’est à cette occasion que la jeune officier reçoit ses galons de lieutenant.
Elle choisit la gendarmerie. Lieutenant en 2009, capitaine en 2014, chef d’escadron en 2019, elle est promue lieutenant-colonel en janvier 2024.

Mais derrière cette trajectoire militaire se cache une autre histoire : celle d’une combattante.
Sur les tatamis, CHRYSTELLE NAAMI YANG s’est imposée parmi les figures du taekwondo camerounais. En 2009, à Yaoundé, elle atteint la finale des Championnats d’Afrique des -73 kg et décroche l’argent face à la Tunisienne KHAOULA BEN HAMZA. En 2011, aux Jeux mondiaux militaires de Rio de Janeiro, elle monte encore sur le podium avec une médaille de bronze. En 2013, au Vietnam, elle obtient une nouvelle médaille de bronze à la Coupe du monde francophone.
- Le taekwondo lui a appris le contrôle, l’anticipation et la précision. La gendarmerie lui a donné la responsabilité. Sur le tatami, il fallait lire le mouvement de l’adversaire. Dans le commandement, il faut lire une situation avant de décider.
Le 22 juillet 2026, une nouvelle étape s’ajoute à cette trajectoire. Le lieutenant-colonel NAAMI YANG FLORE CHRYSTELLE figure parmi les officiers de la 21e promotion de l’École supérieure internationale de guerre de Yaoundé. Après le combat et le commandement, vient désormais le temps de la réflexion stratégique.

Et dans cette histoire, il y a aussi une belle singularité familiale. Son époux, le lieutenant-colonel IKOT BIHENG, officier au Bataillon d’intervention rapide, est lui aussi issu de la 31e promotion de l’EMIA. Ils ont donc franchi ensemble les portes de la même école, appartenu à la même promotion et portent aujourd’hui le même grade.
Deux trajectoires militaires qui se sont construites côte à côte, sans que l’une n’efface l’autre.
À 45 ans, NAAMI YANG FLORE CHRYSTELLE regarde ainsi derrière elle avec un parcours déjà dense : une major de promotion devenue officier supérieur, une sportive qui a porté les couleurs du Cameroun sur les podiums internationaux et une désormais brevetée de l’École de guerre.

Les années ont changé le terrain. Le tatami a laissé place aux cartes, aux missions et à la stratégie. Mais quelque chose n’a pas changé : cette capacité à rester debout, à observer avant d’agir et à avancer lorsque le combat devient difficile.
Chez NAAMI YANG FLORE CHRYSTELLE, le combat n’est donc pas un souvenir. Il est devenu une manière de servir.

