Sur le plan sportif, la rencontre s’est soldée par une victoire du Mexique 2 buts à 0. Un match engagé, rythmé et marqué par une forte intensité, où les duels ont parfois dépassé le cadre du simple jeu.
Mais c’est surtout en dehors du rectangle vert que la rencontre a retenu l’attention. Dans plusieurs quartiers de Douala, des scènes de liesse ont été observées lors des actions offensives mexicaines. Des supporters ont applaudi les buts de la sélection nord-américaine, une attitude qui tranche avec l’habituelle solidarité africaine dans ce type d’affiche continentale.
Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont amplifié ce phénomène. L’une montre des supporters nigérians portant des maillots mexicains et exprimant clairement leur soutien à la sélection d’Amérique centrale. Une autre, devenue virale, montre des supporters congolais chantant dans une ambiance festive : « Congo hermano, ya eres mexicano », une phrase d’origine espagnole signifiant une forme d’adoption symbolique du supporter dans la “famille” mexicaine.
Ce basculement d’affection sportive interroge. Pour certains observateurs, il traduirait un malaise plus profond entre une partie des supporters africains et l’Afrique du Sud, notamment en lien avec les épisodes de violences xénophobes ayant marqué ce pays ces dernières années. Ces événements ont laissé des traces dans l’opinion publique africaine, alimentant parfois des sentiments de rejet ou de désolidarisation.
Cependant, d’autres y voient simplement un choix sportif ou émotionnel : admiration pour le style de jeu mexicain, sympathie pour une équipe jugée plus attractive, ou encore logique de supporter “l’outsider préféré du moment”.
Qu’il s’agisse d’un geste politique, d’un souvenir douloureux ou d’une simple préférence footballistique, une chose est certaine : dans ce match d’ouverture, le Mexique n’a pas seulement gagné sur le terrain. Il a aussi, symboliquement, remporté une partie des tribunes africaines

