Nos pouvoirs publics venaient de procĂ©der Ă un resserrement du maillage sĂ©curitaire, particuliĂšrement autour des Ă©difices publics, les installations sensibles, des infrastructures dâune importance avĂ©rĂ©e, ainsi que des axes routiers dans les zones affectĂ©es par le flĂ©au terroriste.
Une prise de responsabilitĂ©s qui va provoquer un tintamarre de protestations, des voix rivalisant de superlatifs pour dĂ©noncer les unes la sĂ©curisation, les autres la surmilitarisation des rĂ©gions concernĂ©es, sans cependant se montrer capables de rĂ©vĂ©ler le volume des personnels dĂ©ployĂ©s, ni mĂȘme lâeffectif dâun bataillon. Dâautres voix iront jusquâĂ prĂ©coniser le retrait des forces de maintien de lâordre, prĂ©sentĂ©es pour ĂȘtre des forces dâoccupation. Mais manifestement, ce qui semblait excessif pour d’aucuns, Ă©tait plutĂŽt insuffisant pour d’autres.
Dans le train des mesures Ă©dictĂ©es pour la circonstance, et au regard de lâambition manifeste des terroristes dâen interdire le fonctionnement, les Ă©tablissements scolaires avaient eux-aussi bĂ©nĂ©ficiĂ© du dĂ©ploiement dâun cordon sĂ©curitaire. Bien quâopportune et salutaire Ă tous Ă©gards, lâinitiative gouvernementale va pourtant cristalliser lâhostilitĂ© de curieux experts polĂ©mologues et stratĂ©gistes, lesquels, par malveillance ou pure naĂŻvetĂ©, vont estimer que cela ferait de ces Ă©coles des cibles militaires quâil deviendrait dĂšs lors lĂ©gitime dâattaquer.
Un encouragement Ă peine voilĂ© aux obscurantistes qui ne se feront pas prier pour mettre lâĂ©cole Ă feu et Ă sang. Les tragĂ©dies anciennement survenues dans les Ă©coles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest lâattestent.
Mais alors quâils en auront fait lâobjet de toutes leurs attaques diffamatoires, voici que ces mĂȘmes experts pourfendeurs, comme soudainement touchĂ©s par la grĂące, vont conseiller Ă ces mĂȘmes pouvoirs publics, et de la maniĂšre la plus pĂ©remptoire qui soit, de procĂ©der Ă la dĂ©cimation des espĂšces vĂ©gĂ©tales, via le dĂ©versement de substances chimiques dĂ©foliantes sur les forĂȘts du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest, dans lâoptique dâen dĂ©busquer les terroristes.
Un revirement brutal qui ne manqua pas alors de susciter la mĂ©fiance. A lâexamen en effet, ce raisonnement aux apparences anodines, cachait pourtant un redoutable piĂšge, car il sâagissait, ni plus ni moins, de rĂ©pondre au terrorisme homicidaire des hors-la-loi, par un terrorisme environnemental Ă©tatique.
Pour un Etat comme celui du Cameroun respectueux de sa mission de sĂ©curisation nationale et de ses engagements internationaux de paix globale et de respect des droits humains, la seule idĂ©e de devoir bombarder les enclaves refuges terroristes, dĂ©truire des forĂȘts, donc dâaffecter durablement les Ă©cosystĂšmes locaux et la santĂ© de plusieurs gĂ©nĂ©rations d’humains Ă©tait, demeure et restera totalement irrecevable.
Bien entendu, tant que la sĂ©rĂ©nitĂ© des populations et la paix du pays seront mis Ă mal par lâennemi, nos pouvoirs publics nâauront de cesse de rĂ©flĂ©chir aux mesures les plus adaptĂ©es pour mettre un terme dĂ©finitif aux perturbations. Des mesures qui toutefois, seront respectueuses autant de la vie humaine que de la nature. Nos Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© sâacquitteront de ce noble devoir, avec professionnalisme et humanitĂ©. Point ne sera question de zone grise en territoire camerounais, ni dâemploi excessif de la force, encore moins de terre brĂ»lĂ©e. /-
Capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de la division de la communication – Mindef lo

